Sur cette page, découvrez l’autrice Amélie Nothomb : ses romans … Avis de lecture

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Amélie Nothomb est une romancière belge, née Fabienne Claire Nothomb le 9 juillet 1966 à Etterbeek, est connue pour son style excentrique et son attachement à la culture japonaise, souvent reflété dans ses romans. Elle a commencé sa carrière littéraire avec Hygiène de l’assassin en 1992 et publie depuis un livre chaque année, alternant autofiction, fiction pure et parfois fantastique.

Bibliographie :

Hygiène de l’assassin (1992), Le Sabotage amoureux (1993), Les Catilinaires (1995), Péplum (1996), Attentat (1997), Mercure (1998), Stupeur et Tremblements (1999), Métaphysique des tubes (2000), Cosmétique de l’ennemi (2001), Robert des noms propres (2002), Antéchrista (2003), Biographie de la faim (2004), Acide sulfurique (2005), Journal d’Hirondelle (2006), Ni d’Ève ni d’Adam (2007), Le Fait du prince (2008), Le Voyage d’hiver (2009), Une forme de vie (2010), Tuer le père (2011), Barbe bleue (2012), La Nostalgie heureuse (2013), Pétronille (2014), Le Crime du comte Neville (2015), Riquet à la houppe (2016), Frappe-toi le cœur (2017), Les Prénoms épicènes (2018), Soif (2019), Les Aérostats (2020), Premier sang (2021), Le Livre des sœurs (2022), Psychopompe (2023), L’Impossible retour (2024), Tant mieux (2025), L’adoslescence du perroquet (2026)…

A consulter également sur influensmans.com : L’invitée de La Voix au Chapitre : Amélie Nothomb

Hygiène de l’assassin

Lecture : 2014 –  221 pages – Sortie :  1992 –   Genre :  Drame, contemporain 

Prétextat Tach, prix Nobel de littérature, n’a plus que deux mois à vivre.
Des journalistes du monde entier sollicitent des interviews de l’écrivain que sa misanthropie tient reclus depuis des années. Quatre seulement vont le rencontrer, dont il se jouera selon une dialectique où la mauvaise foi et la logique se télescopent. La cinquième lui tiendra tête, il se prendra au jeu. Si ce roman est presque entièrement dialogué, c’est qu’aucune forme ne s’apparente autant à la torture.

Les échanges, de simples interviews, virent peu à peu à l’interrogatoire, à un duel sans merci où se dessine alors un homme différent, en proie aux secrets les plus sombres. Premier roman d’une extraordinaire intensité, où Amélie Nothomb, 25 ans, manie la cruauté, le cynisme et l’ambiguïté avec un talent accompli.

Mon avis

J’ai donc lu le 1er roman d’Amélie Nothomb dans le cadre du challenge  : Je lis Amélie Nothomb.

L’auteur nous livre un curieux personnage principal : Prétextat Tach est un être immonde : il est obèse, laid, raciste, misogyne, grossier, vulgaire et complètement « barré » bien que très intelligent mais si imbu de lui même, si narcissisme…  Cet être est abject et détestable.

Ces interviews sont intéressantes, on se demande au départ vers quoi l’auteure nous amène, puis peu à peu on comprends le titre et même la couverture du roman.

J’ai beaucoup aimé, ça faisait un moment que je n’avais pas lu Amélie Nothomb, « Le fait du prince » est le dernier dans lequel je m’étais « plongée » (non pas « comme une femme-grenouille » ! Je suis d’accord avec M. Tach > les livres me modifie à chaque fois).

 
Extraits :

« Il y a tant de gens qui poussent la sophistication jusqu’à lire sans lire. Comme des hommes-grenouilles, ils traversent les livres sans prendre une goutte d’eau. Ce sont les lecteurs-grenouilles. Ils forment l’immense majorité des lecteurs humains, et pourtant je n’ai découvert leur existence que très tard. Je suis d’une telle naïveté. Je pensais que tout le monde lisait comme moi ; moi, je lis comme je mange : ça ne signifie pas seulement que j’en ai besoin, ça signifie surtout que ça entre dans mes composantes et que ça me modifie. On n’est pas le même selon qu’on a mangé du boudin ou du caviar… »

Une jolie lecture avec un style d’écriture vraiment très plaisant, un univers déjà « sombre » et intrusif, Amélie sait nous captiver.

 
J’ai beaucoup apprécié, les interviews cassantes, les journalistes dépités et ce romancier arrogant et si exécrable… cela m’a beaucoup amusé… Allez hop mon prochain roman d’Amélie Nothomb sera  « Le sabotage amoureux » je les lis dans l’ordre de leur parution.

Le sabotage amoureux

Date de lecture : 2014  –  Nombre pages : 221 – Date de sortie : 1993  

Saviez-vous qu’un pays communiste, c’est un pays où il y a des ventilateurs ? que de 1972 à 1975, une guerre mondiale a fait rage dans la cité-ghetto de San Li Tun, à Pékin ? Qu’un vélo est en réalité un cheval ? Que passé la puberté, tout le reste n’est qu’un épilogue ? Vous l’apprendrez et bien d’autres choses encore, dans ce roman inclassable, épique et drôle, fantastique et tragique, qui nous conte aussi une histoire d’amour authentique, absolu, celui qui peut naître dans un cœur de sept ans.

Mon avis

Fille de l’ambassadeur de Belgique Patrick Nothomb, la romancière Amélie Nothomb raconte dans ce court roman sa vie en Chine de 1972 à 1975 alors qu’elle est âgée de seulement 7 ans.

L’auteure nous raconte ses premiers émois qui se matérialisent sous les traits d’une petite fille : Elena dont elle tente de se faire aimer…

Dans ce lieu clos, les enfants se font la guerre entre eux, loin du monde des adultes… Un goût de « guerre des boutons ».

Les aventures d’une petite fille qui s’ennuie et essaye d’exister en s’inventant tout un monde merveilleux, transformant ainsi le dur quotidien en grande aventure. Chevauchant son vélo-destrier, elle se sent invincible !

Une conception particulière de l’enfance, Amélie nous emmène dans son monde imaginaire, c’est plutôt déroutant et intéressant… J’ai hâte de lire encore sur la vie de l’auteure, bien que j’aime aussi ses romans moins autobiographiques.

Les combustibles

Date de lecture : 2014  –  Nombre pages : 89 – Date de sortie : 1994  

C’est la guerre et c’est l’hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement. Combien de jours leur reste-t-il à vivre ? En attendant, il n’est plus interdit de révéler ses vraies passions. L’amour, le désir, l’intelligence résistent-ils au froid ? A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ? Enfin, à l’heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas être mis à l’épreuve du feu ?

Mon avis

J’ai complètement adoré ce roman d’Amélie Nothomb, j’y ai retrouvé l’humour acerbe que j’ai aimé dans  l’Hygiène de l’assassin>>> Brûler des livres, quelle idée, cela avait déjà fait débat dans « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury (je vous le recommande vivement). Amélie nous propose un huit clos entre une étudiante de dernière année, son amant (et professeur) – instable sentimentalement – et un vieux professeur universitaire de littérature, tout cela en temps de guerre.

Question : Comment reconnait-on la mauvaise littérature ? Quels critères ? selon que le lecteur aime ou pas ? ou que le professeur dit que c’est de la bonne littérature et donc que cela est vrai puisqu’il le dit et qu’il est professeur ? L’étudiante impertinente, le jeune professeur – ancien élève – vont argumenter pour que le vieux professeur de littérature utilise les livres – les plus mauvais selon lui – comme combustibles… pas si simple.

Ce joute verbal bourrée d’humour est plus qu’agréable, j’ai passé un bon moment à lire ce petit roman.

Les catilinaires

Date de lecture : 2014  –  Nombre pages : 83  – Date de sortie : 1995  

La solitude à deux, tel était le rêve d’Emile et de Juliette.
Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l’un près de l’autre. Etrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d’abord est venu se présenter, puis a pris l’habitude de s’incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde…

Mon avis

On est toujours embarqué dans des histoire bien particulière dans les romans d’Amélie Nothomb, elle sait nous amener là où l’on ne s’attend pas d’aller.

Ce couple isolé par choix qui se retrouve à devoir accepter la visite régulière d’un voisin bien taciturne alors qu’ils ne désirent qu’une chose : être seuls !

Mais cela va bousculer leur conception de la vie et les changer…

Une petite histoire qui fait réfléchir comme l’auteur sait si bien le faire.

Péplum

Date de lecture : 2014  –  Nombre pages : 82  – Date de sortie : 1996  

Est-il possible que l’ensevelissement de Pompéi ait été un hasard, alors qu’il a été  » le plus beau cadeau qui ait été offert aux archéologues  » ? Selon la romancière, il s’agit d’un coup monté par les archéologues du futur. Cette supposition lui vaut justement d’être enlevée de sa chambre d’hôpital où elle vient de subir une opération. Lorsqu’elle se réveille, elle est en l’an… 2580. Elle consigne soigneusement son dialogue houleux avec le savant Celsius.
Entre cet homme fâché d’avoir été deviné et cette jeune femme énergique et furieuse contre ses ravisseurs s’instaure une vive et stimulante discussion sur le réel, le virtuel, le voyage dans le temps, la grande guerre du 26e siècle. Les devisants abordent aussi des questions de morale, de philosophie et d’art.

Mon avis

Amélie est une dialoguiste, elle le confirme ici dans ce roman, ce dialogue entre elle-même et ce Celsius, cet homme du futur au QI élevé, ce savant complètement imbu de lui-même qui a été ‘démasqué’ par une simple femme d’un QI inférieur selon les critères de leur époque.

Ce dialogue est tout de même parfois long mais il est si… illuminé, j’y ai trouvé pleins d’échos, pleins de choses qui me parlent et c’est si bien mis en mots.

J’aime les joutes verbales des romans d’Amélie.

L’écritures d’Amélie Nothomb est si particulière, du coup je comprends qu’on ne peux pas aimer, c’est si singulier, du coup on aime ou pas, il n’y a pas de demi-mesure avec cet auteure.

Attentat

Date de lecture : 2014  –  Nombre pages : 153  – Date de sortie : 1997  

« La première fois que je me vis dans un miroir, je ris : je ne croyais pas que c’était moi. A présent, quand je regarde mon reflet, je ris : je sais que c’est moi. Et tant de hideur a quelque chose de drôle. » Epiphane Otos serait-il condamné par sa laideur à vivre exclu de la société des hommes et interdit d’amour ? Devenu la star – paradoxale – d’une agence de top models, Epiphane sera tour à tour martyr et bourreau, ambassadeur de la monstruosité internationale… et amoureux de la divine Ethel, une jeune comédienne émue par sa hideur.

Sur un thème éternel, la romancière d’Hygiène de l’assassin et des Catilinaires nous offre un conte cruel et drôle, à la fois distancié et tendre.

Mon avis

L’auteur parle à nouveau de solitude et de laideur physique…

Epiphane – alias Quasimodo ou encore Cyrano – est si attachant – et tout autant repoussant, le tout est assez assez sordide…De la difficulté de se faire aimer lorsqu’on est laid…

J’ai beaucoup aimé ce petit roman. Je n’en dirais pas plus au risque de tout dévoiler.

Stupeur et tremblements

Date de lecture : 2015  –  Nombre pages : 186  – Date de sortie : 1999 

Au début des années 90, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépens l’implacable rigueur de l’autorité d’entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie, sociale au pays du Soleil levant. D’erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu’au rang de surveillante des toilettes, celui de l’humiliation dernière.

Mon avis

Amélie, jeune occidentale se retrouve au beau milieu de « l’enfer » – la rigueur et les code du travail de la société japonaise. Bien que très aguerrie des mœurs nippones et de leur sens de l’honneur – elle a passé toute son enfance au Japon – Elle découvre la réalité du système japonais. Elle nous fait découvrir ce peuple dont l’éducation est faite de rigueur et de principes.

Amélie et son grain de folie ! La naïveté même,  l’imagination débordante et la sensibilité à fleur de peau. Tout y est décalé et bourré d’humour comme on aime ! Un petit livre autobiographique très agréable mais pas non plus le meilleur que j’ai lu de l’auteur. C’est très intéressant de comprendre le parcours de l’auteur. ce livre est précédé par « Métaphysique des tubes » qui raconte son enfance, je l’ai également lu et beaucoup aimé (pas de chronique).

Ni d’Eve, ni d’Adam

Date de lecture : 2017  –  Nombre pages : 182  – Date de sortie : 2007

Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés.
Ni d’Eve ni d’Adam révélera qu’à la même époque et dans le même lieu, j’ai aussi été la fiancée d’un Tokyoïte très singulier.

Mon avis

Une plongée au Japon que l’on voit à travers les yeux et le ressenti de l’auteur. Amélie Nothomb nous raconte sa romance avec un japonais… C’est subtil, intelligent, beau et drôle. Ce « choc » des cultures est intéressant. Et tout cela avec finesse et raffinement. Quelle jolie histoire d’amour. C’est une tempête d’émotions, c’est un récit autobiographique émouvant.

Les passages en montagne sont magnifiques. On y découvre la culture, les mœurs et la psychologie japonaise, l’auteur nous y explique sa vision du Japon. J’ai adoré le passage du dîner. Très drôle et édifiant ! Ce petit roman ne manque pas d’autodérision, on est happé ! Il me reste à voir le film que j’ai loupé lors de sa sortie. Sacré Rinri et sacrée Amélie.

Le crime du Comte de Neuville

Date de lecture : 2017  –  Nombre pages : 134  – Date de sortie : juin 2015

Stupeur et tremblements pourrait donner l’impression qu’au Japon, à l’âge adulte, j’ai seulement été la plus désastreuse des employés.

Lu dans le cadre de la sélection pour 14ème prix du roman Fnac

« Ce qui est monstrueux n’est pas nécessairement indigne. »
Amélie Nothomb

Mon avis

Merci à la Fnac et aux Éditions Albin Michel, je me suis régalée en lisant le prochain roman d’Amélie Nothomb.
 
Il y a souvent un mort dans les romans d’Amélie Nothomb…
Ce roman n’y déroge pas.
Oui mais lequel ? Et dans quelles circonstances ?
 
Les personnages y sont névrosés à souhait, dépressifs, voir frustrés,
Tout cela les rends singuliers, si intéressants, si exquis.
 
Il y a un coté trop bourgeois, voir trop précieux ? oui mais…
Tout est nuances et contraste entre ce luxe affiché, le paraître, les apparences et la réalité : la misère, le sacrifice…
 
Le paradoxe est toujours si présent dans les romans d’Amélie Nothomb.
 
Le comte de Neville vous invite…
Je ne saurais que vous conseiller d’accepter l’invitation..
 
Quoique…

Frappe-toi le coeur

Date de lecture : 2017  –  Nombre pages : 180  – Date de sortie : juin 2017

« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie » Alfred de Musset

Mon avis

Oui, ce roman parle d’amour… Plus exactement des relations mère/fille…  d’amitié… Je vous laisse un indice : Toxicité ! (un sujet qui m’est cher et qui me parle…). Comment vraiment vous parler de ce roman – j’aimerai que vous ayez la surprise en le lisant. Quoi ? j’en dis déjà trop ? Je ne sais pas ce que les autres blogueurs ont dit du roman (j’irais lire après avoir rédiger cet avis), je décide de me taire – ou presque !

Je vais rester sur mes impressions de lectrice. Rhalala, comme j’aime l’écriture d’Amélie, j’ai beaucoup aimé ses mots, ses personnages sont si riches, si… mais quel récit… C’est prenant et ça vous touche au coeur ! Ce roman m’a tellement parlé et touché. Je l’ai lu presque en apnée… Et j’ai fini ce roman en larmes… Et quelle chute ! Amélie Nothomb a le don de nous surprendre.

(oui moi aussi je suis presque aussi évasive que la 4e de couverture)

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