Mangez-le si vous voulez | Jean Teulé

J’ai lu (et non dévoré… quoique) « Mangez-le si vous voulez » de Jean Teulé… Attention, âmes sensibles s’abstenier, je ne savais pas dans quoi je m’embarquais…

mangez le si vous voulez
Livre

Lecture 2011 – 114 pages – Auteur : Jean Teulé – Editions Livre de Poche > En savoir +

Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C’est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d’un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l’occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région.
 
Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l’Allemagne et sous la menace d’une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d’une phrase mal comprise et d’une accusation d’espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s’interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s’efforceront d’arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
 
Incapable de condamner six cents personnes d’un coup, la justice ne poursuivra qu’une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n’auront qu’une seule réponse :  » Je ne sais pas ce qui m’a pris. « 
 
Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’Histoire du XIXe siècle en France.

L’avis de Sybelline

Mangez-le si vous voulez !

Euh… Que dire face à à tout cela… Meme si cette histoire s’est passée il y a presque 150 ans (1870) ! C’est effrayant !!!!
 

Cela me rappelle la chanson de JJ GOLDMAN :

On saura jamais c’qu’on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L’âme d’un brave ou d’un complice ou d’un bourreau?
Ou le pire ou plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d’un troupeau
S’il fallait plus que des mots ?

Les cendres de son corps s’élèvent enfin en paix au dessus du monde imbécile et des abîmes sourds de ces gens coupables d’un crime qui les a dépassé.

Tout le monde se tord de fou rire. C’est long à brûler, un homme. Le soleil couchant s’effondre et pleure du sang. C’est fatal et tout le reste. Et les cendres éparpillées de cet être calciné, là et puis là et aussi là-bas, vont au vent qui les envole. Elles se glissent également sous les semelles de ceux qui s’éloignent, essuyant leur bouche luisante d’un revers de manche et satisfaits :

– Trop de Prussiens en Lorraine pour qu’on ait pu en supporter dans le bourg ! En voilà un qui brûle. Je crois que nous avons montré l’exemple.

Un autre, à côté, déclare :

– Je me fais gloire d’avoir lancé quatre coups de bâton dans les dents, et qui portaient bien, à ce de Monéys.

– À qui ?

– Au Prussien.

– Ah oui, moi aussi, je ne l’ai pas loupé, le Prussien.

À ceux qu’ils croisent, ils révèlent :

– Vous vous êtes privé d’un fameux rôti ! Il avait du gras comme trois truies, le Prussien. Il nous aurait bien fait la semaine !

Face à l’homme-ratier, au bord de la gerbe en les entendant donner des détails culinaires, les cannibales s’esclaffent :

– Oh, fais pas ton sucré, toi ! Tu manges bien du rat et du vieux en plus !

– Mais… c’était Monsieur de Monéys.

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