L’arborescence – Jean-Charles Remy

« L’arborescence » est une lecture commune avec Alexis du blog Les loisirs de la vie

« Ces résultats d’examens, que disent-ils ? Mon cas est sans doute plus grave que… » Il me coupa : « Ils disent ce qu’il fallait qu’ils disent ! Votre cas n’est pas grave, il est… indécent ! »

Lecture : Nov/Dec 2017 – 253 pages – Sortie : 1976 – Ré-édition 2014 – Auteur : Jean-Charles Remy – Éditions L’Arbre vengeur – coup de coeur

Il va falloir quelques semaines au héros de ce livre pour comprendre que la métamorphose qui s’opère en lui et le fait démesurément grandir lui interdit une vie normale au sein de la cité qu’il est contraint de fuir pour la campagne puis la montagne. Géant effaré, il connaîtra les terribles tribulations et les éblouissantes révélations de celui qui est obligé de s’élever pour préserver une liberté hardiment conquise.

Mélange de conte romantique allemand et de fable à la Marcel Aymé, ce roman d’aventure qui joue d’une ironie légère impose d’emblée son charme troublant et sa hardiesse esthétique. Histoire poétique et merveilleuse, L’Arborescence nous raconte un fascinant retour à l’état de nature absolu et nous entraîne au cœur d’une forêt que l’on n’avait jamais racontée de cette manière.


L’avis de Sybelline

Tout d’abord, jolie édition, « L’arborescence » est un joli objet, la couverture de ce livre est magnifique, ce vert… Épatant ! Merci à Arthur de me l’avoir offert et j’ai hâte d’avoir ton retour de lecture.

C’est une lecture particulière que celle ci, de part son thème et aussi de part son écriture, une écriture riche et descriptive. une écriture d’un autre temps, si poétique, si esthétique en effet.

Mais quelle histoire que celle de cet homme, employé de bureau modeste et solitaire qui… par on ne sait quel miracle – ou malédiction – ne cesse de grandir. Si cela est drôle et étonnant au départ, cela devient un réel problème, car sa croissance ne s’arrête pas ! Et de là, que faire ? quand tout devient trop petit ou plutôt qu’il devient trop grand pour toutes ces choses…

Il en va de sa survie, au nouveau physique et surtout mental… Il lui faut tout reconsidérer et tout remettre en question, il faut qu’il s’adapte… Le gaillard est heureusement plein de ressource, il a une capacité de réflexion et de contemplation hors norme. C’est peut être cela qui le sauve.

Il va faire de drôles de rencontres dans sa fuite – ou la quête (reconquête) de lui même… On tombe radicalement dans un récit de contes… Il y a des moments très drôles mais aussi très glauques, surréalistes… On va au plus profond de la bassesse humaine mais aussi de sa grandeur.

Dans ce livre, on explore les limites de la normalité et de l’anormalité.  Ce géant presque plus humain que les humains… Quoique…

Mais quelle est la part de bestialité et  d’humanité lorsqu’il s’agit de sa propre survie ? On se voit happé par ce retour forcé à la nature… et la fin est… digne d’une fin de conte…


L’avis d’Alexis

Ce conte à la limite entre voyage initiatique et caricature de la société s’est révélé être très glauque, mais aussi sublime. Le style de Jean-Charles Rémy est assez difficile à la lecture, mais une fois rentré dedans, on ne peut se détacher. Une écriture très fluide, du vocabulaire assez compliqué, une histoire très poignante et pleine de mystère. Jusqu’à la fin on conserve cette touche. Ce que j’ai adoré c’est que au fur et à mesure que la métamorphose s’opère, le vocabulaire évolue nous laissant deviner ce vers quoi il se dirige.

C’est un petit livre, rapide à lire et tout simplement sublime, on y découvre les pensées du personnage principal à la fois sur lui-même ainsi que sur les autres, son parcours et son évolution dans le monde. Mais on y voit ausi le regard que les autres portent sur le protagoniste, ainsi que leurs actions mais surtout on y voit l’appréhension des autres envers eux-mêmes. Le livre se trouve être un minima engagé aussi sur la place de la femme dans la société, et le regard des autres.

Mais ce livre est avant tout une preuve d’amour envers les autres et une magnifique ode à la nature. Le changement chez l’homme étant à la fois physique et moral, il est en constant changement sur sa perception du monde influençant aussi la notre. Dans ce conte, on ne cesse de nous faire se poser la question sur l’inhumanité, et à partir de quel moment le devient-on? De drôles de rencontres lui permettront de le faire se sentir accepté par son étrangeté ou bien est-ce l’inverse.

Le livre n’est qu’une description d’un monde qui grandit, dont on ne connaît et ne connaîtra sans doute jamais les limites mais on le découvre en même temps que le personnage.

Je vous le recommande à tous et toutes, mais je vous conseille aussi de le lire « le plus rapidement possible ». En le laissant traîner on peut l’abandonner facilement je pense.

La couverture est tout simplement sublime aussi, et ne nous dévoile rien du contenu. De suite dans les coups de coeur !

Extrait de l’article du blog Les loisirs de la vie

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