Poids légers d’Olivier Adam

« Poids légers » ? L’auteur résume très bien ce petit roman dans la dédicace qu’il m’a écrite à la 25 heure du livre des 4 et 5 octobre 2014 – Le Mans

Nombre de pages : 141 – Éditeur : Ed. POINTS – Date de parution : 2002 – Genre : contemporain – Date de lecture : Septembre 2015 > En savoir +

Antoine vit dans la banlieue d’une grande ville, près de la gare. Son regard se perd dans la grisaille qui l’entoure : un réseau de poteaux et de fils, des passagers anonymes qui se pressent sous la pluie. Sa vie ne tient pas à grand-chose : le deuil des autres comme travail (il est employé dans une entreprise de pompes funèbres), des souvenirs d’enfance (et surtout l’amour nostalgique pour sa sœur) qui donnent quelques couleurs de son existence, et la boxe pour exutoire de sa colère et de son malaise. Et être, un jour, enfin, un “gagnant”. En attendant la gloire incertaine du ring, il multiplie les échecs et les coups. Affectifs : il ne supporte pas le mariage de sa sœur, ne parvient pas à se faire accepter par la famille de Su, la jeune Chinoise dont il est amoureux. Professionnels : ses retards répétés finissent par le mener dans le bureau de son chef, qu’il menace d’un cutter. Sportifs : trop de cuites, pas assez d’entraînement lui font perdre pied, match après match. Il ne semble pas avoir la moindre prise sur son existence, tout le pousse à une fuite en avant qui va lui coûter cher : la liberté. Les personnages d’Olivier Adam ne s’interrogent pas, la trajectoire de leur vie ressemble à un assemblage chaotique de lignes brisées. L’auteur explore ici à nouveau ses thèmes de prédilection : la disparition, la fuite, les ruptures. Ses phrases simples, précises, sont parfaitement sensibles : tout y sonne juste.


L’avis de Sybelline

Les mauvais coups encaissés,
Les cicatrices mal refermées,
Ce court roman nous parle d’un homme blessé, fragilisé par la perte de ses parents, par son fort attachement à sa soeur et son incapacité à aimer…
Entre violence et désespoir.
Le ton est juste ce qu’il faut.
Nous sommes neufs et lavés dans le vent de la nuit, sa langue fouille ma bouche et ma main dans son dos trace des cercles et des sinuosités. Du salon nous parvient la voix faible de Chet Baker. My funny valentine et nos mains se croisent. Je la regarde, et soudain, son visage est un abri clair et tranquille.

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