Métamorphose en bord de ciel de Mathias Malzieu

J’ai lu « Métamorphose en bord de ciel » dans le cadre d’une lecture commune avec ma partenaire blog Sariahlit

Auteur :  Mathias Malzieu | Nombre de pages :  125 | Éditeur : J’ai Lu |

Genre : Contemporain, fantastique | Date de lecture : octobre 2013

Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques lui valent des jours heureux. Jusqu’à ce qu’un médecin le soignant pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable. Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu’il appelle « la Betterave ». Lors d’une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l’hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de dévorer les nuages rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : « Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l’amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter. » Dans la tradition de ces contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l’histoire merveilleuse d’un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l’amour.


L’avis de Sybelline

Métamorphose en bord de ciel

La couverture est magnifique, le titre ne l’est pas moins et l’écriture est si jolie, toute en métaphores, l’auteur nous emporte dans son univers plein de fantaisie et la magie opère.

Et pourtant écrire sur le cancer n’est pas aisé. Tout comme Chloé dans « L’écume des jours de Boris Vian qui a un nénuphar qui pousse dans son poumon, Tom a une betterave dans son estomac…

Cela parle de rêve, de maladie, d’amour… de métamorphose ! Quelle poésie… Les mots posés sont touchants, cet homme insatisfait de sa nature humaine, rêvant de voler et qui se retrouver emprisonné à l’hôpital… Cette femmoiselle qui lui propose de l’aider, d’apaiser ses souffrances en l’aimant… Magnifique !

Dans « La mécanique du coeur » tout est irréel, ici le réel flirte avec l’imaginaire et l’on se perds entre rêve et réalité. J’ai bien aimé me perdre dans ce conte merveilleux.

Extrait

J’ouvre les yeux. Le monde a changé. Une odeur de soupe de cantine et d’éther remplace les exhalaisons d’automne. Le bitume est devenu linoléum. Mon formidable cercueil, un simple lit. Les Michel Platini semblent avoir disparu, les couleurs aussi. Ici, tout est beige et gris décati avec de grandes fenêtres sévères. Chaque pas sur le linoléum fait le bruit d’un pansement qu’on arrache. Les gens s’ennuient, pleurent, crient. Des proches apportent des fleurs, un sourire cousu sur leur visage ; ils se débrouillent pour que leurs larmes coulent à l’intérieur de leurs orbites. Des blouses blanches aux gestes mécaniques hantent les lieux. Bienvenue au service de cancérologie.

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